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Sapiens et le petit reste

 

Homo Sapiens, comme chacun sait, est un primate social. Depuis son organisation anatomique jusqu’à sa structure cérébrale, tout atteste qu’il est fait pour vivre en groupe et socialiser sa destinée. Affiche-expoEt pourtant, cette dernière fait aussi question pour tout un chacun, isolément, dans l’intimité d’une interrogation existentielle. Faible maillon dans l’immense chaîne de l’Evolution, l’individu n’en est pas moins unique du simple fait qu’il se sent vivre. Voué à se conserver et se reproduire, par nature ; à échanger et se lier, par culture ; il lui appartient de penser le sens de son séjour sur terre, par lui seul, par volonté, par création, par liberté. Animal socioculturel par sa face objective, l’homme est sujet par un autre côté – charge à lui de faire quelque chose de ce que la phylogenèse et l’histoire ont fait de lui. Code génétique anonyme et agent social, oui, mais aussi être singulier traçant son chemin. Sans secours. L’amour et la foi, le bonheur et le plaisir, l’art et la science, que peuvent-ils ? Beaucoup, certes. Mais beaucoup est très peu, car il y a un reste, un presque-rien, un je-ne-sais-quoi, qui change tout. Le sol se dérobe sous nos pas et l’abîme apparaît. La solitude irrémédiable de ces moments réflexifs, où l’homme se demande ce qu’il peut, ce qu’il veut et ce qui lui est permis d’espérer, tel est l’objet de mon travail photographique.

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